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La peur du regard des autres

il y a 6 heures
4 min de lecture

Et si le regard que nous redoutons était parfois celui que nous portons sur nous-mêmes ?
Et si le regard que nous redoutons était parfois celui que nous portons sur nous-mêmes ?

« Que vont-ils penser de moi ? »

« Est-ce que j’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? »

« Je vais avoir l’air ridicule. »

« Elle va me trouver inintéressant. »


Le regard des autres compte.

Nous vivons avec les autres, nous cherchons leur reconnaissance, leur affection, parfois leur approbation. Il serait illusoire de prétendre que leur regard nous est totalement indifférent.


Mais il arrive que ce regard prenne une place telle que nous ne nous demandons plus seulement ce que l’autre pense de nous : nous commençons à nous regarder nous-mêmes à travers ce que nous imaginons qu’il pense.


Et peu à peu, nous pouvons perdre quelque chose de notre liberté.


Le regard de l’autre : de quoi avons-nous réellement peur ?

Lorsque nous disons que nous avons peur du regard des autres, ce n’est pas véritablement le regard qui nous effraie.


C’est ce que nous lui prêtons.


La peur d’être jugé, de déplaire, de paraître ridicule, de ne pas être suffisamment intéressant, séduisant, cultivé, compétent ou conforme à ce que nous pensons que l’on attend de nous.


Un silence, une expression du visage, une remarque peuvent alors prendre une importance considérable.


« Il n’a rien répondu : il doit me trouver stupide. »

Mais l’autre a-t-il réellement pensé cela ?


Nous n’en savons souvent rien.


Nous lui avons prêté un jugement et ce jugement supposé devient pourtant suffisamment réel pour modifier notre comportement.


Quand j’imagine ce que l’autre pense de moi


C’est là que la peur du regard de l’autre peut devenir particulièrement envahissante.


Nous pouvons finir par anticiper constamment ce que les autres pourraient penser : avant de parler, de nous habiller, de donner notre avis, de prendre une décision ou simplement d’être nous-mêmes.


Nous nous observons.


Nous nous corrigeons.


Nous cherchons parfois à devenir celui ou celle que nous pensons devoir être pour être accepté.


Le paradoxe est que l’autre n’a quelquefois encore rien dit.


Nous répondons à sa place. Nous imaginons son jugement, puis nous souffrons de ce jugement que nous avons nous-mêmes supposé.


La question devient alors intéressante : à qui appartient réellement ce regard si sévère que je pose sur moi ?


Quand le sujet devient objet


Craindre constamment le regard de l’autre peut nous placer dans une position particulière : au lieu d’être le sujet de notre propre vie, nous devenons progressivement l’objet d’un regard extérieur.


Je ne me demande plus :

« Qu’est-ce que je pense ? »« Qu’est-ce que je désire ? »« Qu’est-ce qui me convient ? »

Mais :

« Que va-t-on penser de moi ? »« Est-ce que je vais déplaire ? »« Est-ce que je serai à la hauteur ? »


Ce déplacement peut sembler minime. Pourtant, il change beaucoup de choses.


Car si mes choix dépendent principalement du jugement que j’anticipe chez les autres, il devient parfois difficile de savoir ce que moi, je veux réellement.


D’où vient cette peur ?


Nous ne construisons pas notre image de nous-mêmes tout seuls.


Depuis l’enfance, nous nous découvrons aussi à travers les paroles, les réactions et les attentes de ceux qui nous entourent. Certains regards nous ont rassurés, d’autres ont pu nous blesser. Certaines paroles anciennes continuent parfois à résonner longtemps après avoir été prononcées.


Une critique répétée, le sentiment de n’avoir jamais été suffisamment bien, la comparaison avec les autres, la peur de décevoir ou le besoin d’être reconnu peuvent laisser une trace.


Ainsi, lorsque le regard d’une personne nous déstabilise aujourd’hui, ce n’est pas toujours uniquement de cette personne qu’il est question.


Son regard peut venir réveiller quelque chose de beaucoup plus ancien.


Et c’est parfois pour cela qu'une remarque apparemment anodine nous atteint bien davantage qu’elle ne le devrait.


Se libérer du regard des autres, est-ce ne plus s’en soucier ?


Probablement pas.


Nous avons besoin des autres et leur regard participe aussi à notre existence sociale et affective. Vouloir devenir totalement indifférent à ce qu’ils pensent serait sans doute une autre manière de se protéger.


Il s’agit plutôt de remettre ce regard à sa juste place.


L’autre peut avoir une opinion sur moi. Il peut m’apprécier ou non, être d’accord avec moi ou non. Mais son opinion ne dit pas entièrement qui je suis.

Et surtout, je peux apprendre à distinguer ce que l’autre a réellement dit de ce que je suppose qu’il pense.


Cette distinction est essentielle.


« Il me juge » n’est pas la même chose que « j’ai peur qu’il me juge ».


Dans la seconde phrase, quelque chose change : je ne présente plus mon inquiétude comme une certitude sur l’autre. Je reconnais qu’elle m’appartient.


Et je peux alors commencer à me demander pourquoi ce jugement possible m’effraie autant.


Retrouver son propre regard


Se dégager progressivement du regard des autres ne signifie donc pas devenir indifférent aux autres.


Il s’agit davantage de retrouver sa place de sujet.


Pouvoir se demander ce que l’on pense avant d'imaginer ce que les autres vont penser. Reconnaître ses désirs, ses limites, ses choix, mais aussi accepter que l’on ne puisse pas toujours plaire.


Cela demande parfois de comprendre pourquoi l’approbation de l’autre est devenue si nécessaire.


De quel regard ai-je tellement besoin ? Et pourquoi ?


La thérapie peut offrir un espace pour interroger cette relation au jugement, comprendre ce qu’elle vient toucher dans notre histoire et, progressivement, retrouver un regard sur soi qui ne dépende pas entièrement de celui que l’on suppose chez les autres.


À Soliloquie, à Sainte-Radegonde près de Chauvigny, je vous accueille pour mettre en mots et comprendre ce qui, aujourd’hui, vous empêche peut-être de vivre plus librement.



Vous pouvez me contacter pour un premier échange.

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