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L’enfant-roi /l’enfant-tyran

L’enfant-roi comme l’enfant-tyran est le résultat d’un processus où plusieurs éléments interagissent. La notion de l’enfant-roi ne désigne pas seulement une figure d’enfant, mais une forme de relation entre enfants et adultes qui semble modifiée dans nos sociétés contemporaines.

Actuellement, nous rencontrons l’émergence du diagnostic « d’état limite » révélateur d'une société qui cherche ses limites. Notre société se caractérise, à l’intérieur de nos familles comme de nos institutions, par trop « de mère ». Les pères ont perdu leurs certitudes et sont à la recherche de nouvelles identités.

Nous sommes plutôt confrontés à des dépendances réciproques puissantes entre parents et enfants.


L’enfant-roi et ses symptômes

Il est courant d’entendre, à propos de l’enfant-roi « qu’il pousse à bout », qu’il cherche la limite, teste les limites, teste l’adulte...

D’autres symptômes sont fréquemment cités également ; intolérance à la frustration, sentiment permanent d’insatisfaction, agitation motrice, instabilité́, absence totale de « retenue », troubles du comportement, dépression masquée, sentiment de toute-puissance ; attitude irrespectueuse vis-à-vis des parents et des adultes en général, tant dans les mots que dans les actes.

La famille « enfant-roi »

Les relations dans la famille ne répondent plus à la logique hiérarchique, mais bien à la règle du consentement. Dans les comportements parentaux, ceci peut se traduire tantôt par un manque de limites, tantôt par un mouvement d’oscillation d’un pôle autoritaire vers un pôle laxiste et inversement.

La fonction structurante du père, qui apparaît dorénavant comme « évaporée ». Françoise Hurstel évoque la « déchirure paternelle ».

Les enfants ont régulièrement affaire à des parents « over-bookés », à disponibilité réduite et ceci ne permet pas la mise en œuvre des missions parentales, qui restent parfois virtuelles.

Les parents se présentent en thérapie comme des parents pétris d’interrogations sur leur système éducatif. Dans le passé, ils ont réussi à assurer le bien-être de tous les membres de leur famille. Mais, maintenant, « Ils ne savent plus à quel saint se vouer... ». Ils sont conscients de la situation de crise et reconnaissent les difficultés de comportement de leur enfant. Ils sont ouverts à une proposition d’aide, critiquent leurs gestes et expriment une quête d’aide.



L’enfant-tyran et ses symptômes

Il a un comportement tyrannique à la maison (souvent étiqueté comme très précoce par la famille), avec refus d’obéissance et colères, accompagnées ou non de menaces, d’intimidations, de dégâts matériels, d’agressions physiques (morsures, coups...);

L’échec scolaire est fréquent mais non systématique, avec un refus d’investissement avec des potentialités intellectuelles non mises en cause : « Il peut quand il veut... » ;

Les problèmes domestiques s’étendent à l’extérieur de la maison avec vols, violence à l’école, dégradations matérielles sur la voie publique…; menaces auto-agressives (menaces de suicide, de fugue...).

Les symptômes de l’enfant-tyran témoignent, semble-t-il, de plus d’intensité, de souffrances, de désespoirs, que ceux de l’enfant-roi et, au-delà des mots, s’expriment par des « passages à l’acte violents ».


La famille « enfant-tyran »

Nous parlons d’enfants-tyrans à chaque fois que l’enfant réussit, sur une longue période, à imposer ses propres règles de fonctionnement à sa famille en exerçant des pressions psychologiques et/ou d’agressions physiques.

Contrairement à ce qui se passe pour l’enfant-roi, la situation est ici souvent dénoncée par les intervenants extérieurs ; la « tyrannie de l’enfant » est un secret familial.

Lors de la première consultation, le conflit entre les parents et l’enfant sera finalement reconnu ; la violence fait union.

Des mythes familiaux font parfois écran aux réalités traumatiques vécues par les parents « tout interdit est violence, il est interdit d’interdire, il est interdit d’obéir... L’enfant-tyran est aussi l’enfant qui a une mission de réparation de l’histoire parentale. Cet héritage est constitué par les besoins infantiles du parent, besoins qui n’ont pas été suffisamment reconnus, traités dans son enfance et dans sa vie actuelle ou encore qui ont été réveillés (blessures, fractures, traumatismes).



Enfant-roi, enfant-tyran et possibilités thérapeutiques

Une thérapie familiale

Fréquemment le symptôme de l’enfant révèle une souffrance familiale. Le symptôme prend un sens au niveau transgénérationnel, lequel renvoie à des problématiques non élaborées chez les parents ou chez l’un d’entre eux. La violence de l’enfant-tyran, qui s’exprime à travers son symptôme, nous a souvent incités à travailler avec le système familial pour donner une autre compréhension à la problématique vécue par la famille.

En revanche nous envisageons moins fréquemment une thérapie familiale dans la problématique de l’enfant-roi, privilégiant une prise en charge du couple parental et éventuellement une thérapie individuelle pour l’enfant.

Un accompagnement familial

La dimension éducative peut être concernée, cependant il ne s’agit nullement d’infantiliser les parents, mais bien d’opérer en coconstruction une recherche de nouveaux repères.

Un accompagnement du couple parental

La guidance du couple parental nous paraît spécialement indiquée dans les problèmes d’autorité parentale et de structuration familiale, caractéristiques de la problématique de l’enfant-roi. Il s’agit de proposer aux parents un lieu de réflexion sur leurs valeurs éducationnelles et de favoriser l’émergence d’attitudes en commun.

Une thérapie de couple

Cette proposition thérapeutique renvoie à l’hypothèse selon laquelle le symptôme de l’enfant occulte des difficultés conjugales, qui concernent fréquemment l’intimité du couple et la non-séparation envers la génération des parents, ou encore un conflit conjugal caché. Cette indication peut se poser aussi bien dans la problématique de l’enfant-roi que dans celle de l’enfant-tyran.

Une thérapie individuelle d’un parent

Dans les séparations du couple parental, la notion de « dette relationnelle » envers l’enfant peut lui donner un pouvoir trop important.

Cette notion de « dette relationnelle » s’exprime à travers des sentiments de culpabilité chez les parents et s’inscrit souvent dans des relations non résolues avec leurs propres parents.


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